L’augmentation de la longévité canine amène de plus en plus de vétérinaires à être confrontés à des troubles spécifiques de la gériatrie. Or, le vieillissement est associé à des changements comportementaux et cognitifs chez tous les mammifères 1. L’un des troubles le plus documenté est le syndrome de dysfonctionnement cognitif canin. Ce syndrome qui concernerait plus de 22 % de chiens de plus de 9 ans a été pendant longtemps considéré comme du vieillissement normal. Pourtant, ce syndrome est principalement attribué à une détérioration pathologique du cerveau.

Ces changements au niveau de la structure du cerveau des chiens atteints peuvent inclure l’accumulation de plaques béta-amyloide avec la formation de plaques séniles et d’enchevêtrement neurofibillaires 2, 3 . Une augmentation des plaques béta-amyloide et de la formation de plaques séniles est très bien corrélée avec une diminution des performances cognitifs chez le chien et l’être humain 4. Aujourd’hui, grâce à de grandes avancées en médecine, en nutrition et en suivi vétérinaire, les chiens de compagnie vivent plus vieux qu’il y a quelques décennies 5. De ce fait, les vétérinaires se trouvent de plus en plus confronté à ces problèmes cognitifs, que ce soit lors d’une consultation gériatrique, au cours d’une visite de contrôle ou encore d’une demande d’euthanasie (notamment lorsque les modifications comportementales deviennent contraignantes pour le propriétaire). Ce syndrome est associé à des changements comportementaux tels que de la désorientation, des changements dans les cycles de sommeil, une perte des apprentissages ou encore une diminution des interactions sociales. Aujourd’hui, la détection de ce syndrome est un véritable enjeu, tant pour les propriétaires que pour les vétérinaires. Peu de tests facilement réalisables en cliniques sont disponibles et le diagnostic repose essentiellement sur un entretien avec le propriétaire ou un questionnaire. Ce syndrome étant sous-estimé, la mise en place de traitement est encore insuffisante. C’est dans ce contexte, que de nouvelles recherches vétérinaires peuvent intervenir pour améliorer la vie et le bien-être des chiens atteints ainsi que soutenir le propriétaire.

1 Salvin, Hannah E., Paul D. McGreevy, Perminder S. Sachdev, and Michael J. Valenzuela. “Growing Old gracefully—Behavioral Changes Associated with ‘successful Aging’ in the Dog, Canis Familiaris.” Journal of Veterinary Behavior: Clinical Applications and Research 6, no. 6 (November 2011): 313–20. doi:10.1016/j.jveb.2011.04.004.
2 Pugliese, Marco, Maria Concetta Geloso, Josep Lluís Carrasco, Joan Mascort, Fabrizio Michetti, and Nicole Mahy. “Canine Cognitive Deficit Correlates with Diffuse Plaque Maturation and S100β (−) Astrocytosis but Not with Insulin Cerebrospinal Fluid Level.” Acta Neuropathologica 111, no. 6 (May 9, 2006): 519–28. doi:10.1007/s00401-006-0052-1.
3 Bennett, Sara. “Cognitive Dysfunction in Dogs: Pathologic Neurodegeneration or Just Growing Older?” The Veterinary Journal 194, no. 2 (November 2012): 141–42. doi:10.1016/j.tvjl.2012.05.009.
4 Head, Elizabeth. “A Canine Model of Human Aging and Alzheimer’s Disease.” Biochimica et Biophysica Acta (BBA) – Molecular Basis of Disease, Animal models of disease, 1832, no. 9 (September 2013): 1384–89. doi:10.1016/j.bbadis.2013.03.016.
5 Rofina, J.E., A.M. van Ederen, M.J.M. Toussaint, M. Secrève, A. van der Spek, I. van der Meer, F.J.C.M. Van Eerdenburg, and E. Gruys. “Cognitive Disturbances in Old Dogs Suffering from the Canine Counterpart of Alzheimer’s Disease.” Brain Research 1069, no. 1 (January 19, 2006): 216–26. doi:10.1016/j.brainres.2005.11.021.